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Jean Triffez
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JEAN
TRIFFEZ JEAN TRIFFEZ EXPLORATIONS
DANS LE NOUVEAU MONDE JEAN
TRIFFEZ L'IO
COSMO DI JEAN TRIFFEZ VISIONI
E TRASFIGURAZIONI DI TRIFFEZ JEAN
TRIFFEZ - PEINTURE ET EXPRESSION di P.G. JEAN
TRIFFEZ S’AFFIRME « AUCHEVALDEVERRE » JEAN
TRIFFEZ JEAN
TRIFFEZ UNE
AUTRE OPINION SUR JEAN TRIFFEZ di L.N JEAN
TRIFFEZ
JEAN
TRIFFEZ Ho negli occhi quel dipinto di Jean Triffez che illumina nel contesto della nera sequenza una zona preziosa, quasi filone segreto che apre la traccia di un tesoro misterioso. Sono incrostazioni, scaglie, segmenti, scorie, accenni di frammenti geometrici che pigliano rilievo da un chiaroscuro attentissimo dando luogo alla sillabazione di un discorso ermetico e per iniziati, ma la cui suggestione coglie indistintamente tutti. Ciò che costituisce il successo di questo pittore raffinato ed elegante è dato da una manualità esperta di effetti luministici e tesa a scoperte liriche che scavano profondamente nel più segreto io. C’è in Triffez una dialettica di calamitazioni e di magnetismi che si fa strada fra astrattismo e drammatismo subito contraddetta dal dialogare delle luci che assume sempre la presenza allietante riservando alle ombre carattere di pura iscrizione. Così ne “La caduta dell’angelo” le ali lasciano un segno reminiscente lungo il percorso siderale fino ad identificarsi con l’ombra della terra. In Triffez tutto ciò che è vibrazione è luce e la vibrazione consiste nella permeabilità maggiore o minore delle superfici a questa fuga delle ombre. Il dissolvimento di esse e il loro accavallarsi in un tessuto consistente è un fatto che partecipa della pittura e della musica nella stessa maniera. Per cui questi dipinti di Jean Triffez potrebbero definirsi immagini musicali nel senso in cui fu scritto che l’architettura, è cristallizzazione di un pensiero musicale. E forse proprio qui ha origine l’estrema accettabilità dei suoi dipinti anche da parte di chi non ne penetra il significato e non si propone neppure di penetrarlo. Ma non si tratta di pittura decorativa. I dipinti di Jean Triffez non si sottopongono all’ambiente in una disponibilità capace di muovere un qualunque spazio purchè sia. Si impongono all’ambiente, costituiscono un cardine lirico da cui non è possibile prescindere. La sua pittura non evoca avvenimenti grafici o plastici già noti. Provoca la nascita di forme nuove che sono apparizioni su cui grava la condanna della temporaneità che le rende oltremodo attraenti. Si teme cioè che queste immagini possano sparire al momemto stesso in cui appaiono. Ove la luce che le genera si spenga ogni oggetto sarà riassorbito nel buio il cui limite è segnato talvolta da una fenditura sotttile: uno spiraglio di lato come una unghiata. La luce dunque preme di sotto, si fa strada con violenza nelle previste lacerazioni o converge il suo flusso su una zona limitata e nitidamente segnata e in quella zona opera una plastica fluidità che fa assumere valore di emblema alla materia dando respiro magico ad ogni forma sia in movimento che immobile. E’ stato scritto che in queste scelte tematiche è il documento di una intuizione che ricollega il tempo nostro ai tempi in cui la capacità visionaria dell’uomo aveva forza di profezia. Certo c’è nella sua pittura il candore di una favola antica e il riflesso persistente e dominatore delle investigazioni che hanno portato a nuovi studi cosmografici. Il grande pregio di questo artista è che nella sua poetica han trovato armoniosa confluenza gli antichi misteriosi incanti e le nuove conquiste in cui tutto ci è stato svelato. Così egli tenta l’avventura d’essere nel suo tempo senza subirne la schiavitù limitatrice. Alfio Coccia JEAN TRIFFEZ EXPLORATIONS DANS LE NOUVEAU MONDE di René de Solier con postfazione di Marcel Lecomte in PEINTURE - JEAN TRIFFEZ catalogo Galleria Numero - Venezia - Giugno 1964 I - PARAPSYCHISME ET PHYSIQUE La période actuelle du peintre semble déroutante, ou paradoxale, mais elle constitue un seuil; on devine une série de passages et d’épreuves, on surprend l’approche d’un nouveau monde, et la formation des symboles, le danger des figures formatrices, dans la période, la manière noire. Indéniablement l’antre — mais ici on chercherait l’envol, le “décollement”, l’arrachement à la matière —, est expression du monde intérieur. D’autre part, on affronte les monstres, des énergies localisées, un complexe d’énergies liées à des modes de conscience divers. Les monstres qui dévorent ou s’épandent en torsades, vibrions hybrides, deviennent le signe de l’affrontement et d’une liberté dangereuse: quelque chose de nous s’ébat hors de nous, ct comme sans raison, sans contrôle. L’homme ne serait plus maître de ses énergies qui agissent en lui (et hors de lui: par la toile-prolongement, les fantasmes transcrits, émis, transmis). A l’insu de sa conscience claire ? La tentation sidérale implique le séjour au désert, ou au bord du fleuve de lumière. Un temps elle se traduit par l’incapacité de diriger et de coordonner les énergies intérieures, dès l’afflux, ce surcroît pondéral et de formes inquiétantes, qui ne demandent qu’à prendre. A être prises. Comme à l’insu du formateur-découvreur, du transcripteur, qui serait heureux de jouer ce tour à autrui, pour se délivrer lui. L’inconscient est bien cette partie du psychisme liée à des énergies refoulées par le conscient ou mal connues de lui. Et qui, acquérant parfois une certaine monotonie, provoquent des conflits: avec la volonté. Dans ce domaine, de lutte et d’action, de formation et d’ “émanation” , l’inconscient, lié à quelque prémonition, est source des énergies directives, un stimulant de l’exploration. Quelque méfiance se manifesterait à l’endroit de certains mots psychique, psychisme, phénomènes parapsychiques, parapsychisrne. Cependant le chemin est long et mouvementé, depuis la fondation de la “Society for psychical Research” (Londres, 1882), Maxwell (1903), J. B. Rhine (“Extrasensory Perception”, 1934), C. G. Jung (en collahoration avee W. Pauli synchronisme-synchronicité, 1952). Les nouvelles frontières du monde (1937), le monde nouveau de l’esprit (1958), de J. B. Rhine, témoignent de plus d’une découverte. Ce qui frappe, dans l’histoire personnelle, serait l’expérience assez récente qui conduit de Huautla de Jimenez, au Mexique, à Duke University ! des champignons hallucinogènes (qui renforcent le pouvoir de télépathie et de divination, de perception des “vues colorées” en mouvement) au Laboratoire de Parapsychologie. Un monde « nouveau », qui n’est à la merci de peintre, se propose à l’homme (qui est avant tout psychisme) esprit, pulsions, flux, allant, énergies, antagonismes. Redevenant lieu d’un combat le tableau, ici et là, nécessite une « mobilisation » des efforts, on le reconnaît; mais tout dépend de la qualité des énergies déployées. Formatrices, nul doute, et recevant de rudes assauts, de la part des contraires (puérilité, “style” ou mono-style, faconde, couleurs, chimie ct substituts). L’ensemble, cette partie adverse, reste environné des ténèbres de la superstition, ou de la dévotion: les adeptes du mono-style feignent de respecter - “la peinture”. Afin de mieux la gâcher, la perdre ? S’en écarter est une loi dès que l’on adopte (ou lon s’en tient à) un système. Ici, ce qui est découvert par cette peinture de formation peut etre dit “monde nouveau”, hors de l’homme. Et en lui: reflet, miroir du psychisme, “prévision”! Sous couvert d’affronter l’ “univers sidéral”, le “non vu”, esprit et regard intérieur — sans doute dépendant du SAHASRARA, du “centre” qui détermine l’épanouissement du lotus aux mille pétales dans la tête et sur le tableau - explorent leur complexe et énigmatique nature, d’incessantes relations.Ce monde, celui du blason sidéral (et de l’esprit explorant, halluciné ou incité), est à la fois nouveau et réel; ce n’est pas une illusion, un fantasme, une image romantique : on sent et pressent le danger. Pour la première fois sans doute, après les crises « visionnaires » du XIX siècle, quelques-uns des pouvoirs étranges de l’esprit humain, du regard, des « vues » et de la main sont utilisés, affrontent le plus difficile, et parviennent à composer, à dresser l’atlas des régions découvertes, en relation avec des faits psychiques, l’éveil du champ de conscience, les épreuves subies, cette période « noire », l’action de l’intellect, faculté hermétique, par la pensée oeuvrant en harmonie avec les énergies de l’inconscient. Passionné d’ésotérisme, Jean Triffez déclare qu’il ne sait rien des “mystères”. Or l’initié, en s’assimilant les énergies de l’inconscient (Eau, Abîme, fleuve stellaire, d’eau de lumière), ressuscite ou rend à la vie manifestée en lui-même son Principe originel: Feu du ciel, lumière blanche (le Feu, “en tombant” dans l’Eau, engendre Aphrodite). Si le cycle humain a son origine dans l’impulsion uranienne, le monde des phénomènes abordé par Jean Triffez est nouveau et d’instinct lié à l’univers sidéral. Dans l’espace, ancrées et mobiles, en état de lévitation ou de suspension diffuse, les figures forment, d’où le danger — elles émanent. Et les éclairs spontanés de clairvoyance, parfois au gré des incitants et pulsions, aimeraient être soumis à l’étude expérimentale. Nous devons nous contenter, un temps, de l’épreuve du tableau, du progrès des essais sur les modes de perception extra-sensorielles. Pourquoi le peintre médium, ou chaman, conducteur du « voyage initiatique », extatique, ne serait-il pas doué de clairvoyance, dans la mesure où les formations, à la fois voulues et subies, correspondent à un mode d’expérimentation. L’on aborde ainsi un domaine inquiétant : « Parapsychisme et physique » formes et distance, expériences sur l’effet de la variation de la distance entre le sujet et « l’objet à influencer » ! dans le monde sidéral. L’on en revient ainsi, sans inverser les prohlèmes, au pouvoir de l’esprit humain (depuis ces “figures” obtenues) peut-il influencer le mouvement des objets matériels, se garder du magnétisme dangereux ? Le peintre, l’imaginatif passionné, déjà tourné vers la physique de demain, admet entre esprit et monde des interactions, une correspondance psychophysique (nommée synchronicité-synchronisme par W. Pauli et C. G. Jung). Indéniablement, l’énergie psychique, branchée, et non désorientée, produit des résultats convertis en phénomènes susceptibles d’être perçus ou éprouvés, transcrits. Un nouveau chapitre s’ouvre, celui des relations du parapsychisme avec le temps, l’espace et la masse. II - SOUS LE SIGNE DE VARUNA La planète messagère du chercheur, du candidat à “l’illumination” (on sait que la lumière vaut comme aliment initiatique) et Varuna-Neptune, divinité de la lumière nocturne qui, par sa coopération avec Mithra, la lumière céleste, accomplit la sublimation de la conscience. Ce dont rêve l’artiste est évident, dans cette entreprise poursuivie afin que la conscience puisse être détachée des “ténèbres du plan de la matière” . Ce qui donne au mot sublimation et au fait un autre sens psychanalyse, yoga, tradition se mêlent dans l’ésotérique. Dont la “voie royale”, ici, dépend du cosmique. Du sens cosmique et de la notion d’un univers structuré. Les signes qui ce résultent, de l’approche et de la découverte, constituent de curieux blasons du « jamais vu » et du perçu, à travers un réseau sensoriel affiné, hyperesthésié. En quelque sorte la supra-conscience ou l’état dans lequel on parvient à se mettre, non sans danger, correspond à la “mise sur” ou en orbite. Le vol commence ensuite. Dans l’espace, le monde sidéral, lumière et ténèbres s’affrontent. La lumière “noire”, nocturne, est créatrice de fibrilles, qui, alliées de la lumière céleste, déchirent le jour de la conscience, les habitudes perceptives. Il faut se faire à une autre vue. III - L’IMAGE, REVE D’ALUNIR Si cette lumière se projette à travers la conscience limitée par le rationalisme (s’en tenir à des figures apparentes, et appartenant au seul plan d’une figuration décorative, exotérique - en fait toute figure formée, qui répond à un influx, a vie, et devient plus ou moins ouroboros, figure menaçante et cosmique); ou encore si cette lumière se projette sous l’empire de la sensorialité, de l’émotion sentimentale, elle engendre dans la conscience et la figure obtenue des lueurs hallucinantes, des visions déformées, des percepts inquiets, dont l’influence désintégrante risque d’entraîner dans la “voie de gauche”. Par l’expérience des hallucinogènes, ces figures sidérales, Jean Triffez entre dans la voie droite. Cette sorte de lévitation, devenue horizontale, redresse la vue. L’image est en relation avec le monde planétaire, courbes et reliefs inconnus. Elle rêve d’alunir, et court tous les dangers de l’entreprise. IV - VIBRATIONS ET EMBLEMES: ou « blasons » de l’énergie sidérale, et des « vues » prémonitoires. Dans sa façon d’aborder le monde autre, lumière nocturne, lumière céleste, le peintre dispose d’une dualité réversible blanc-noir, qui est sans doute la plus dangereuse. Il ne s’agit pas de croire à ou en une influence (mystique, zodiacale, décanique) des planètes ou des régents: tout dépend du monde vu, parcouru, déchiffré, en état d’hallucination ou de seconde vue, quand on passe à l’état dit de supraconscience. Un catapultage intervient alors. Et les figures, les formes menées au jour, non captives, par Jean Triffez, en sont la preuve: au plus vif, ces formes émanent. D’où l’irradiation, le danger. On ne dira jamais assez que le visionnaiare, aux yeux blessés, peu à peu victime de l’inténsité rayonnée, dispose d’un regard intérieur, qui le contraint à affronter noyaux et tors, l’énigme de « ce » qui compose l’univers, particulièrement sidéral, depuis des grains ou granulations, photons, ondes, que nous semblons mépriser. L’une des premières découvertes, celle du train d’ondes « ondulatoires » et brisées, de l’énigme « discontinu-continu », pourrait éclairer ce début : de la cellule « graineuse » (enveloppe, noyau, grain et cellules déterminant une germination en rapport avec l’élément) à la nature de l’astre, convoité avec quelle passion ! Débat ancien, si l’on songe à la « physique » de Cyrano, à « l’homme volant » de Restif de La Bretonne. Depuis l’homme s’est arrogé d’autres pouvoirs. A la veille de..., on rêve; et la lumière noire est ce tremplin, initiatique et d’épreuves, qui doit projeter vers le jour éclatant, le diamantin, source de toutes les couleurs. La mue en Géante “rouge”, blanc-noir, résulte de la leçon, du pouvoir des amas, des réactions, de gravitation. Dans cette alchimie du ciel, les creusets nucléaires deviennent ensuite “blasons” , générations (et généalogies) stellaires. Nouveau monde des “emblèmes”, entre étoile et planète, vers la forme et le nombre. Dans celle démarche complexe, tout dépend des énergies reçues et maniées; du faix, des rythmes intérieurs et du mouvement « visuel ». De certaines réactions et amplitudes: vibrations et sensibilité, retour de la sensibilité après un repos; accroissement des réactions par les stimulants; réactions de la matière inorganique, réfractions de couleurs et interférences. Un chapitre curieux s’ouvre ainsi, peinture et esprit, selon certaines dominantes : sphères, objets, signes, tors, tresse, labyrinthe optique, éclairage statique, état de non-pesanteur (objet qui flotte), division et vibrations. Souvent l’on redoute d’affronter le plus difficile: l’étude des vibrations. Parce que l’homme de maintenant aurait perdu l’intelligence du signe, et du son? Selon la Cabbale, l’Esprit réside dans le monde des émanations (ou des idées émanées). Cette troisième partie de l’homme-microcosme, prototype de l’univers (macrocosme) est désignée par NECHAMA. Selon Charles Leiningen, savant en Cabbale, les trois parties: corps (NEPHESCH), âme (ROUACH: qui appartient au monde des mouvements et des sensations), Esprit, ne sont pas nettement séparées. Il faut se les représenter comme une transition graduelle de l’une à l’autre de même que les bandes successives du spectre qui présentent des zones doublement polarisées. Bref on observe toutes les gradations comme en allant des ténèbres vers la lumière ou traverse la région crépusculaire. En quelque sorte le blason sidéral, le corps flottant, la sphère où naît un signe, résultent du magnétisme et du parcours, de l’atteinte et de l’extériorisation de la force magnétique humaine. Le côté droit est positif et le côté gauche négatif. Non à son insu, le peintre rêve d’être cosmonaute. Son expérience des couleurs, dans “l’au-delà” qui force et rend impossible toute vue convenue, le pousse à admettre comme un clavier en apparence limité, nouveau clavecin oculaire, qui commande et dirige les correspondances, l’énigme des figures prises aux rêts. Tors et fibrilles “alunissent” et sont ramenés; en quelque sorte le tableau devient détergent, et caméra hypnotique: on ne peut se défaire des “vues” prises, enregistrées, décelées, formées. Ce sont elles qui composent le nouvel atlas visionnaire. Cette « force émanée » que l’analyse distingue dans la matière comme au tréfonds du psychisme, qui imprègne la nature dans ses manifestations, qui se transmue, est connue des alchimistes et des manieurs de symboles. On sait que les enseignements du symbolisme traditionnel, à travers les temps, s’accordent en attribuant l’opération du Grand Œuvre à la pensée, “instrument de la conscience” s’élevant par son travail à des plans “de plus en plus subtils et étendus”. Le salut, c’est-à-dire l’illumination de l’Univers, est opéré par l’esprit de l’homme. Ces définitions de l’Œuvre ont pour mérite d’insister sur ce qui semble disparaître dans l’œvre aujourd’hui : intelligence, esprit, sensibilité; monde des idées, et pourquoi non (on s’en défie chez les censeurs taciles : les idées s’en prennent et au « système » et au conformisme). Monde de la Matière et des signes. Plusieurs données interfèrent. Le “blason”, chez Jean Triffez, est souvent ovoïde: l’œuf de la Nature? “connu des sages seulement qui, pieux et modestes, engendrent de moi le microcosme”. Basile Valentin poursuit “les philosophes me donnent le nom de Mercure” (Hermès-Thoth, Mercure des philosophes: “rosée céleste”. En un sens, et sans trop recourir à l’alchimie, on surprendrait ici et par elle l’un des secrets des « couleurs » actuelles de Jean Triffez : bianc-noir, opérations qui ne peuvent être dites. Mais du moins peut-on parvenir à une caractérisation des éléments: le Mercure animé des philosophes est semence argentifique. Surpreniez-vous l’étonnante intensité des “blanc”? En songeant à l’argent, l’un des sept « métaux » venant de terre, qui tous sont faits d’une matière ? Argent et lune correspondent en alchimie, et s’unissent. “Conjonction”, “Noces chymiques”, mariage rituel du soleil et de la lune. De cette alliance naìssent le filius (sapientiae ou philosophorum), le Mercure transmué appelé hermaphrodite. Dès que l’on entre dans le système des correspondances et relations l’on en vient à l’évident, comme oublié : l’Œuvre (androgyne, hermaphrodite), les liaisons entre « métaux » (l’alchimie est science des couleurs, connaissance des blasons) et planètes. La science hermétique distingue sept (chiffre du degré ultime) de six (venue de 1’ « oiseau d’Hermès », et moitié du zodiaque); sept portes, sept métaux. Donnez la couleur! en songeant à la matière pondérale (aux hallucinations et visions). Matière qui, pour l’esprit, est l’élément basique de la réalité. Mais à force de scruter la matière on doit tenir compte dune découverte, d’un élément qui ne peut se diviser: l’état “ultime” de l’Energie. Pris, ici, dans les plaques sensibles (révélatrices) du tableau. Cette énergie se comporte comme force — elle émane; sensible, vous en subissez les radiations. Il faut donc admettre telle vérité, qui est à la base de l’alchimie des couleurs, entre les deux pôles: l’instabilité des corps, leur transmutabilité “les uns en les autres”. L’être humain, son psychisme, est-il soumis au même traitement que la “matière”? La psychologie (il faut savoir gré à Jean Triffez d’être aussi philosophe) découvre en lui une force “mystérieuse”, indéfinissable, d’où émaneraient les activités: l’inconscient. lci reviennent les mots, les modalités: pulsions, énergies, dont on sait qu’elles sont formatrices. La peinture s’engage enfin dans une autre voie, hors des couleurs et de réprésentations convenues. Dans cette entreprise l’univers macroscopique et microcosmique (songez à tel titre “Microrythme” et à l’étendue de la toile) apparaît comme le flux du transformisme d’une unité. Pulsions, flux : dan le domaine de la nature, comme « en sa conscience », l’homme découvre l’origine, CE qui est à l’origine, et commence à le dévoiler. Sans opposition inutile, mais bien au contraire en symbiose, le corps humain est vaisseau, alambic, où s’opèrent la distillation et la sublimation des énergies. V - MAGNETISME ET CORRESPONDANCES Dans la peinture de Jean Triffez on assiste à tout un jeu de correspondances, à la fois voilées et savantes, d’instinct et de prescience, non pas imprévues pour autant, ni domestiquées: l’homme, le peintre est en état d’osmose, au cours de l’expérience. Hors du cadre terrestre, ou de ses leçons et conventions de cadrage, de chromatisme! Il y a donc une sorte de traversée, qui rapproche de l’univers primitif, du grand carrousel. Pour la première fois peut-être, après les “illumination” ou facondes de transcripteurs, depuis la tradition alchimique, se mêlent Cosmos et Terre — cette peinture pourrait étre groupée sous telle dénomination: “Terres du ciel”. L’homme voit des étoiles naissantes, plus que lastre fulgurant, déterminateur de mythologies ou d’armes symboliques. Ici nous allons vers une science visuelle et chromatique inhabituelle, dans les arcanes des complexions, telle relation masse-luminosité. Le cosmos fabrique la matière que la Terre utilise. La “sphère” ou l’ovoïde est une manifestation de beauté, sur laquelle repose la vie du cosmos comme son prototype l’homme. Le “creuset” sidéral et les opérations entreprises, pour suivies et accomplies, ont de nombreuses correspondances, d’abord dans l’ordre des couleurs. Ce bleu-noir (équation réversible correspond à Saturne, et dans l’Univers c’est le centre noir de la Nature d’où sort la force matérielle (centre de la force magnétique). L’action qui se développe entre ces deux centres (action électro-magnétique, de toute façon aimantée par les pigments, pôles et centres) produit un mouvenient ellipsoïdal. Tel « blason » ou corps en action répond à l’ellipsoïde parcouru par la terre. On devine le danger: l’homme parcourt d’instinct, accordé au magnétisme, en état d’hypnose, de fascination ou de seconde vue, de supraconscience. Il devient mime de l’univers. Quant à l’ellipsoïde on sait qu’il est considéré, depuis l’un des livres les plus mystérieux de la Cabbale, le Sepher letzirah (accordé depuis les lettres, dont Mem, Bleu, à l’homme cosmique), comme l’aura du Cosrnos, divisée en sphères d’influences (des signes du Zodiaque figurés par les douze lettres simples). VI MOUVEMENT ET LUMIERE On aimerait sans doute un langage plus docile, tenant compte de faits coutumiers. Mais dans cette peinture qui surprend pensez-vous que l’origine puisse etre commune ? Dépendant de facultés perceptives inhabituelles, sans se lier pour autant, pour l’instant, au contexte et à l’aventure ésotériques, de science certaine, Jean Triffez est comme à son insu « disciple » d’Hermès. L’inconscient surgit en force dans la mesure où l’être branché, le transcripteur répondent aux énergies, radiations. émanations. Au magmétisme. Cet art de sourcier, qui décèle l’occulte et le sidéral - la conjonction est assez rare -, utilise des « facultés » souvent ignorées, et d’abord les pouvoirs de la main, et ceux du regard. Le couple main-œil, on ne le dira jamais assez, dispose de mystérieuses antennes, de certains branchements. L’alchimie aidant l’on pourrait évoquer tel moment, dit fixation; les trois états de l’ “opération du ciel” (vers le brisement du SAPHIR-bleu, en alchimie = NUIT): solution, coagulation, fixation. Or le salut c’est la lumière; et, par le brisement, la « matière eorporelle » (tant vantée ou utilisée par les peintres), est éliminée, tandis que l’arcane demeure. La lumière et ses prolongements : érotique, érogène, cosmique, apollinien, dionysiaque, vivent en symbiose; l’érogène, qui forme et attaque, acide, sous ferment de lumière noire, garantit l’érotique, inséparable de tonte pénétration, contre les risques magico-religieux. Risques inhérents à la fonction du formateur souverain, qui en vient ou en viendra à la géomancie, depuis la texture des figures décelées, mises au jour. Elles s’animent, elles ont vie. Formation dangereuse: ce qui est ainsi établi, rayonnant, risque de prendre place, AYANT FORME. Là, à ce point, il faut dompter le danger de l’hallucination, de l’hypnose, et pourquoi ne pas le dire: de l’envoûtement. Envoûté par « ses propres figures » (plus dune fois on songe à Nerval, aux « mystères » d’Isis, et à l’attribut souverain : sistre, en relation avec les sons et les nombres qui s’étagent, s’emmêlent), l’artiste visionnaire utilise et exalte l’érogène, ce moyen de dominer la figure, qui constitue un blason sidéral, et une vue du cosmos. L’entreprise est neuve. Parvenir au « non vu », et le plus excitant (d’où l’érotique, le besoin de voir, c’est-à-dire de former et posséder, tout en étant pris-prenant), par les moyens du blanc et du noir (lumière céleste, lumière des ténèbres; ciel nocturne et grotte où s’accomplit l’union); définir cette solidarité, du blanc au noir, alors que s’unissent, s’imbriquent les essences des deux castes, n’est-ce admettre un neutre, objectif, en raison du “on vu” tangiblement, mais pressenti. Essences, lacs, castes et neutre croissent ici-bas et dans l’autre monde, l’univers sidéral. Le blason, constamment paré, et devenu Figure, assure la santé magique de l’être, tout en le suomettant à de nombreuses tribulations ou épreuves, qui ont pour but de confirmer la voie choisie. On la devine plutôt difficile, fil d’abîme. Mais dans ces ténèbres, par la grâce d’Ariane, luit la couronne de Thésée. L’autre démarche, bientôt, devrait être celle de la conquête. René de Solier “Nous savons que pour le peintre, la peinture est devenue le lieu de révélations prenantes. Mais alors que certains se livrent surtout à leur passion inestinguible (le peindre, Jean Triffez a le souci de ne peindre que pour méditer ses tableaux. C’est que l’on n’a pas toujours suffisamment pensé à ce qui se forme de précieux entre le peintre et son œuvre et comment, après l’avoir élaborée progressivement, elle l’élabore à son tour. Nous savons aussi que l’homme est lié aux planètes et que son économie occulte en est impnégnée mais qu’il ne doit pas s’opposer pour cela à son propte univers, Aussi bien, Jean Triffez rêve-t-il aussi au passé le plus lointain du monde de notre monde, à ces lieux sacrés où le mystère du Penser et du Sentir s’est formé; oui il rêve à ces lieux d’Egypte par exemple, à une époque où l’organe visuel intérieur de l’homme ne s’était pas encone atténué, où, extrêmement souple intérieurement, l’homme était avant tout psychisme. Mais Jean Triffez a aussi le sentiment d’une nouvelle Renaissance et que l’investigation du cosmos dans laquelle l’on s’engage aujourd’hui pnépare l’homme au vertige de nouvelles lois. Il pense que l’initiation de l’artiste à lui-même et au monde impose à présent ce secret que l’étrange sève immaginative de l’homme des Lointains a préparé l’homme d’aujourd’hui à l’accomplissement du Désir d’être humain plus au loin ou à une autre puissance Marcel Lecomte JEAN
TRIFFEZ Sappiamo che per il pittore, la pittura è diventata motivo di rivelazioni avvincenti. Ma mentre alcuni si abbandonano soprattutto alla loro passione inestinguibile del dipingere, Jean Triffez non dipinge che per meditare i suoi quadri. In effetti non si è pensato mai abbastanza a quale preziosa corrente si instauri tra il pittore e la sua opera per cui dopo che egli l’ha elaborata progressivamente l’opera stessa esercita un’azione formativa nei suoi confronti. Sappiamo che l’uomo è legato ai pianeti e che la sua economia occulta ne è impregnata ma anche che egli non deve per questo opporsi al suo universo individuale. Jean Triffez vagheggia anche lui il passato più remoto, i luoghi sacri dove il mistero del Pensare e del Sentire si è formato, per esempio l’Egitto dell’epoca in cui l’organo visivo interiore dell’uomo non si era ancora attenuato, in cui, estremamente elastico interiormente, l’uomo era prima di tutto essenza psichica. Ma Jean Triffez ha anche il senso di una nuova Rinascita e sa che l’odierna ricerca cosmica prepara l’uomo alla vertigine di nuove leggi. Egli pensa che l’iniziazione dell’artista a se stesso e al mondo impone oggi questo segreto, che la strana linfa immaginativa dell’uomo dei Remoti ha preparato l’uomo odierno al compimento del Desiderio di essere uomo in modo più ampio e a un’altra potenza. L’IO
COSMO DI JEAN TRIFFEZ La ricerca di linguaggio che ha condotto Jean Triffez nell’ambito complesso e pluriforme delle tendenze attuali si pone in termini di una correlatività Io-Cosmo. E’ ovvio, perciò, che la sua proposta non ricorre all’imagerie della pop-art, né viene utilizzata in funzione di immagine-oggetto, tale come accade per la mec-art. La ragione ironica e demistificatoria, l’impiego ideologico, l’esaltazione mitizzante provocata dai mass media sono motivazione linguistiche che non rientrano nella pittura di Jean Triffez. Come dicevo all’inizio, la sua immagine deve essere situata entro un dualismo psico-fenomenico, intendendo con ciò il meccanismo esplorativo della mente - con le sue derivazioni illimitate - rapportato ai significati trascendentali del cosmo. Questa sua iconografia così aperta e non soggetta nella semantica delle verifiche del descrittivo - il surrealismo ne è una testimonianza - basata piuttosto su morfologie astrattizzanti, conquista un vasto campo operativo per l’immaginazione dell’artista. In tal modo, la dimensione della soggettività non è legata al condizionamente di una realtà prefissata, ma al contrario, riinventa il reale, si erige essa stessa in nucleo direzionale, in unità e totalità significanti, in nesso intenzionale, capaci di fruire dell’auto-percezione , di stabilire relazioni pregnanti e differenzianti del mondo fisico. Infatti nella pittura di Jean Triffez la presenza antinomica e allo stesso tempo dialettica di due valore - la luce e la non luce - costituisce il modulo del suo cifrario comunicativo, cifrario da far risalire nell’essenza a turbamenti di origine cosmogonica. In questo senso l’occultismo della sua immagine si addice appunto ad una categoria emblematica che non si esaurisce nel fatto intuitivo e visuale, bensì si estende allo spazio metafisico della simbologia. A livello espressivo, dunque, è logico situazionare Jean Triffez nell’ordine di una problematica della visionarietà. In lui la rivelazione iconica avviene attraverso la dilatazione fantastica della mente, attraverso il discoprimento di forme presentite, convergenti in un centro luminoso rispondenti in queste opere ad una genesi di simboli cosmici, manifestati dalle continue interazione tra zone bianche e zone nere, alle quali è subentrata ora il colore - tra tensioni analitiche e tensioni sintetiche, tra forze energetiche che vengono attuate ed altre potenziali. Ne deriva una spazialità irrazionale, adimensionata, sostanzialmente proiettata dal raptus dell’illuminazione in cui prendono consistenza le formulazioni trasformanti dell’enigma, della catarsi medianica, dello psichismo polivalente. In fondo, la pittura di Jean Triffez può essere interpretata come una conferma del valore della mente in quanto entità creatrice e strutturante di fatti e di possibilità. Questo significativo sforzo del suo linguaggio implica già alla radice una concezione metafisica del cosmo. VISIONI
E TRASFIGURAZIONI DI TRIFFEZ Questa fredda vigilia di primavera ha portato a Milano, per la prima volta, uno straordinario personaggio. Dimostra venticinque anni, anche meno, in realtà va per i quaranta, è padre di famiglia, sposato con una bella signora, già protagonista d’una non breve avventura artistica. Si chiama Jean Triffez, nasce belga, anzi fiammingo, afferma che il suo più autentico padre spirituale è Rembrandt e bisogna dire che è vero quando stende un certo colore sulle sue tele, anche il racconto è tutto trasfigurato, metafisico. Jean Triffez ha affrontato con estrema sicurezza Milano, chiamato da quel giovane, bravo rabdomante di talenti e di occasioni che è Gianni Schubert. Triffez ha una figura modernissima, accuratamente lunghi i capelli neri, parecchio alto, magro, occhi che ipnotizzano l’interlocutore, veste un poco hippy però con un serissimo cappello a tesa larga. La storia di Triffez è affascinante. “La mia famiglia? - dice - Ah buona e anche ricca borghesia. Si occupano di medicine. Io no. Non mi occupo nemmeno di soldi. Vivo da solo: il poco danaro di casa che ho avuto è quello che rubai dal portafogli di mio padre quando avevo diciassette anni. Dopo , ne sono sicuro, non ho più voluto un centesimo che non appartenesse totalmente ed esclusivamente a me”. Jean Triffez se ne andò a Parigi che aveva appunto diciassette anni e s’accampò, senza sposare miti e dottrine, all’ombra di Saint Germain Des Prés, tra il Flore e Les deux magots, tra Camus e Sartre e la loro corte. Restava alle sue spalle l’immagine d’un Belgio sul quale erano passati tedeschi e inglesi, carri armati e aeroplani in picchiata, le vampate di tanti incendi. A Parigi rivide il fuoco: aveva uno studio proprio come s’era sempre sentito di desiderare, ma lo studio, una notte prese fuoco. “Jean, chi accese il fiammifero? Tu?” “E chi lo sa... Non deliberatamente, comunque: io sono sempre stato un poco maldestro. No, non ho bisogno di vandalismi e di automutilazioni. Poi , non ero nemmeno convinto di dover fare necessariamente il pittore. Mi sentivo soprattutto, quasi esclusivamente anzi, destinato a fare lo spettatore dell’arte, se facevo qualche cosa era perché avevo una tremenda voglia di raccontarmi delle cose, come avevo voglia di cibo e di amore. Per caso quelle storie me le dicevo dipingendo, mai fatto una poesia, mai mi sono arrischiato a mettere in parole la mia parabola. Per me , il solo modo di comunicare con l’altra gente è il quadro. Per certe cose ragiono cartesianamente, per certe altre mi affido ad una mia convinzione religiosa, che potrebbe anche essere cattolica, io credo profondamente che Dio esista, esiste nella luce ed esiste nei globuli rossi. Non ho messaggi da trasmettere, sarebbe un’imperdonabile presunzione”. Le trasfigurazione di Triffez sono comparse alla galleria Borgogna di Milano. Immagini intense, lucenti, accese d’una forza misteriosa, visioni d’un qualche cosa che sta sopra di noi. Molto belli e ispirati i titoli “Vista d’un mondo estraneo”, “Coscienza difficilmente controllabile”, “Soltanto per i fans”. Ora Jean Triffez riprende la sua strada di zingaro, una strada che l’ha portato, volta a volta, in paesi impensabili, dall’Algeria, al Messico. Alla ricerca di altre luci. JEAN
TRIFFEZ - PEINTURE ET EXPRESSION di P.G. J’ai rencontré il y a quelques jours Jean Triffez, artiste peintre belge, depuis quelques semaines dans nos murs. Je lui ai demandé ce qu’il peignait. Il m’a répondu: « Venez voir ». J’y suis allé... Au coeur de la Médina, au voisinage immédiat du marabout de Ibn Batouta, une maison comme les autres. De la terrasse on découvre qu’on est à mi-chemin et à mi-hauteur entre la Casbah et le Petit Socco. La vue s’étend jusqu’à Malabata. C’est une orgie de lumière et de couleurs. En redescendant vers l’atelier, Jean Triffez m’a dit: « Attention, il fait noir, là-dedains ». Il faisait plus sombre, bien sûr, après tant de lumière, mais ce sont surtout ses toiles qui sont noires. L’ensemble. Et lorsque dans un Golgotha qui est sa pièce préférée, on est éboui par le rayonnement d’une tache de lumière d’une violence insoutenable, dans le fond, pardelà Jérusalem et les montagnes qui l’entourent, on sent que cette lumière n’est pas de ce monde. C’est l’Esprit qui vivifie. Au pied de la croix nue, une tache blanche, la foule; mais c’est un blanc blafard, celui des gens honteux, qui ne sortent que la nuit, cachant leurs vices et leurs sanies: une triste humanité. Mais, je m’excuse. Cela, c’est moi qui l’ai vu ainsi. Peut-être sûrement, le verrez-vous tout autrement. Nous sommes là dans un domaine à part, presque une nouvelle dimension. L’artiste s’est exprimé. Ce qu’il exprime, c’est son point de vue, c’est sa thèse. S’il continue dans la même voie, ce sera un jeur un systême (j’allais écrire: une philosophie). Poète, il eût écrit, peut-être, une nouvelle « Ballade des pendus », musicien, un Oratorio. La musique est plus figurative que la peinture abstraite, nous en sommes tombés d’accord Jean Triffez et moi. Connaissez-vous un peintre de la joie, par exemple? Il ne faudrait d’ailleurs pas, ici, jouer sur les mots. Je ne dis pas que Jean Triffez voit les choses en noir. Je jurerais, au contraire, que ce grand garçon, tout jeune encore, est optimiste et gai. Si je dis qu’il voit « religieusement » les choses, j’enferme son expression (ou son expressionisme) dans un cadre trop étroit. Dirai-je, alors, spirituellement? Faut-il voir en lui un interprète « sacré », en opposition à un artiste profane (mais il n’existe que des « aspects » profanes de l’art). Il se rattacherait ainsi à la Tradition, qui veut que l’Art ne puisse servir que la Vérité et que l’objet constitue un support pour la méditation. Il ne s’agirait alors nullement de mysticisme, mais de métaphysique, dans le sens proprie du mot... Je ne suis pas loin de penser qu’il ne faut pas chercher ailleurs la clé de ce message. Reste à parler de la forme, mais ce n’est pas mon affaire. J’espère qu’une exposition nous permettra, cet hiver, de confronter nos points de vue. JEAN
TRIFFEZ S’AFFIRME « AUCHEVALDEVERRE » Notre curiosité artistique a été attirée, il y a pas longtemps, par l’exposition de Jean Triffez. Sans crier au génie, nous nous sommes étonnés de la diversité des toiles et de son souffle original. Ce jeune peintre affirme à nouveau les valeurs de la poésie dans son art. Mais interrogeons-nous sur la personnalité de Jean Triffez. Cet artiste de vingt-sept ans, après un cycle d’humanités anciennes et deux ans de philosophie et lettre, éprouve un intèrêt subit et une justification sociale dans la peinture. Pour satisfaire ce nouvel idéal, il poursuivit des études de peinture à Paris et à Madrid. Il se proclame homme du sud, par son besoin de chaleur, de soleil et de lumière et ses toiles en témoignent avec ferveur. Néan-moins, il est revenu dans son pays pour y continuer son oeuvre. Voudrions-nous le classer dans une école, qu’il refuserait ce facile embrigadement, tant il est vrai que chaque peintre doit rechercher avant tout à s’affirmer au-delà de tout formalisme. Pour lui, il faut, en peinture, le respect et l’amour de l’objet. C’est un des premier des trois cents préceptes de la peinture chinoise que dit ceci : « Chaque chose, chaque objet a un souflle d’âme, si tu ne le peints pas, ne peins pas ». Un autre précepte ajoute : « Si tu ne sens pas le souflle d’âme, fais un mensonge ». Cette position, qui peut paraître arbitraire aux abstraits formels, correspond au tempérament sensitif et sensuel de Triffez. [...] Signalons que l’exposition a été saluée par toute la presse et honorée par la visite de Delvaux. L’Etat, sans hésiter, a acheté son tableau « Jungle ». Pourrait-on reprocher à Triffez ses positions vis-à-vis de certains mouvements (l’abstrait, souvent une impasse), le tachisme, bien que de tradition moderne, surtout une technique de surréalisme, intrusion trop poussés du littéraire dans la peinture? Examinons surtout ses toiles aux chaudes couleurs si évocatrices pour rendre les ambiances choisies. [...] Ce qui importe c’est son soufle vif, âpre et personnel. La présence craque les limites des cadres pour éveiller en nous des impressions fortes et nouvelles. Triffez à essayé de traduire le souffle d’âme des objets et des choses ; d’une manière originale et par des couleurs adéquates. JEAN
TRIFFEZ L’oeuvre di Jean Triffez illustre perfaitement le désir qui pousse une partie de la jeune génèration à réagir contre les impératifs familiers de l’art d’avantgarde en pratiquant une peinture impulsive, oscillant entre un naturalisme desolé et le mirage poétique. [...] Il est donc normal que le jeune Jean Triffez cherche fiévreusement sa route en s’efforçant de ne pas écouter le chant des sirènes qui entrainaient dans les abimes les compagnons d’Ulysse dont le coeur d’était pas bien trempé. Cependant, on reconnait dans ses toiles le souvenir de Paul Klee et le point d’incipence qui en fait un disciple discret de l’expressionisme flamand. Mais, en plus de cette filiation naturelle, il y a la marque d’une sensibilité originale. [...] La spontanéité avec laquelle il nous restitue ses impressions a, d’autre part, l’éclat de l’instantané: arbe dématérialisé projeté dans le ciel comme le symbole de l’aridité, fleuve coulant entre les rives d’une forêt ténébreuse, cactus rouge, pays de gel enveloppé de silence... Le merveilleux ne perd pas ses droits dans cette peinture où se livre, sans réserve, un garçon sauvage. JEAN
TRIFFEZ Un nom à retenir: celui de Jean Triffez. Son exposition - la première en Belgique - au Cheval de Verre est remarquable. Elle sera remarquée. D’abord en raison du souflle qui l’anime. C’est un fait que l’art fréquente de moins en moins les sommets “où souffle l’Esprit”. Avec ses allures désinvoltes et tranche-montagne, l’art à la mode craint assez les courants d’air. [...] C’est pourquoi on aime de rencontrer quelqu’un qui s’invente des rêves et qui ne doute pas de s’annexer la poèsie. Celle-ci sera rouge strident ou vert étouffé ou bleu de songe. Elle sera jaune d’or pour évoquer on ne sait quoi qui doit être une ville. Prise de nervosité elle zébrera de hachures qui ne sont peut- être que des gestes d’impatience des sembiances de ports, de fleuves, de jungles, de Chine improbable ou de douteuse Andalousie. L’esprit du poète cherche à forcer des barrières, à deplacer des bornes, à défoncer des clotures. Surtout il semble décidé à ne pas supporter le bât du conformiste ou du réfractaire. On ne peut que l’encourager à tenir bon, quoi qu’il en coûte... UNE
AUTRE OPINION SUR JEAN TRIFFEZ di L.N Jean Triffez est une jeune peintre de vingt-sept ans qui prit la palette après qu’il eut fait deux années de philosophie et lettres. On me dit qu’il a suivi à Paris les cours de peinture de la Grande Chaumière. Un an aux Beaux-Arts de Madrid, suivis de deux années à Nice et Cagnes. Service militaire en Belgique, puis Tanger où il véçut pendans des mois dans le quartier arabe. Puis de nouveau la Belgique. Voilà pour le contexte d’une peinture que je trouve fort belle. Est-ce vraiment de l’expressionisme? Je situerais plotôt les toiles de Triffez dans un néo-expressionisme d’après la période abstraite. Triffez suggère plus qu’il ne dit. Et s’il fut pleinement expressioniste du temps où il peignat des paysages de Belgique en teintes sombres, il se dégage aujourd’hui davantage de la précision des formes pour s’attacher à l’expression, par la couleur et par la pâte en elle-même. Je crois que la période africaine et méditerranéenne de Triffez est pour beaucoup dans cette évolution. Rien de plus éclatant, de plus lumineux que sa peinture d’à présent. J’ai été capté dès l’entrée par une jungle aux bleus de mer dans lesquels il a placé quelques touches de vert et de rouge, toute une vie à la fois violente et retenue qui s’echappe de la toile. Pluis loin, un fleuve en vert tranquille, automnal, habite de quelques roseaux noirs. Triffez possède l’art des contrastes. Il marie ses admirable bleus avec des jaunes ou des gris avec des rouges et des verts sans que cela heurte jamais. [...] Il est vrai que Triffez se situe dans la lignée des Frits Van den Bergh. Mais de façon plus intérieure et, je le crois, dans l’ensemble avec plus d’unité de pensée. C’est, en tout cas, dans le meilleur sens du terme, un grand tempérament. JEAN
TRIFFEZ Nous avons gardé de Jean Triffez le souvenir d’une jeune peintre plein de promesses, encore hésitant devant les moyens et les buts. Aussi nous attendions son exposition au Cheval de Verre avec une certaine impatience. Celle-ci n’a pas été déçue; Jean Triffez nous révèle dans ses compositions non figuratives, toutes les ressources de son imagination et un sens aigu de la couleur. Orgues bleues, Etoiles crépusculaires noires, Mexique rouge et noir, sont autant de thèmes vigoureusement orchestrés. [...[ C’est un art de signes inscrits dans une matière sensuelle dans l’éclat de laquelle on croit parfois surprendre le mystère et le feu de l’Orient. Voice, dans tous les cas, un jeune peintre abstrait qui ne nous laisse pas sur notre faim.
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